Jean-Claude Bedard

témoignages-biographies - expos

Mardi, 15 Mai, 2007

Jean-Claude Bedard et Camille Renault

J’ai beaucoup de documents sur Jean-Claude, je vais chercher ce qui concerne spécifiquement la période Camille Renault. Il en avait gardé un souvenir extraordinaire. Il avait appris à faire la cuisine avec lui (il mettait cependant moins de beurre et de crème fraîche que Renault) et il m’a transmis l’amour de la cuisine autant que l’amour de l’art. Il faisait partie des jeunes inconnus. En 1955, il avait 27 ans. Il était encore figuratif, il avait des collectionneurs. En 1960, il a rompu avec le marché de l’art, pour se lancer dans une recherche collective qui fit l’objet d’une très grande exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1964. Lorsque je l’ai rencontré en 1978, nous avions vingt ans de différence, il venait de publier un livre sur ses recherches et ses oeuvres réalisées en osmose avec les roches gravéees du massif de Fontainebleau. Comme je suis typographe, j’ai tiré des alphabets de son travail. Nous avons aussi réalisé ensemble des tableaux-vêtements. Ces derniers travaux ont été présentés au public au Centre Pompidou en 1982. Ses oeuvres liées aux signes, à la mémoire collective et à l’archéologie ont fait l’objet d’une exposition au Musée de Préhistoire de Nemours en 1985. Il était responsable de la section sculpture à l’Ecole nationale des Arts Décoratifs. Il n’a plu exposé dans une galerie de 1960 à sa mort en 1982, par principe il ne voulait plus rencontrer de collectionneur. En dépendant financièrement des commandes, il ne se sentait pas libre de ses choix picturaux. Le résultat évidemment c’est qu’il s’est vite trouvé isolé. Par contre il a eu de merveilleuses relations avec les étudiants. Quant à moi, je pense toujours à Camille Renault quand je fais la cuisine, bien que je n’ai jamais hélas eu l’occasion de le rencontrer, puisqu’il était déjà très malade. Jean-Claude avait absolument voulu que j’apprenne à faire la pâte feuilletée pour lui faire des mille-feuilles. Ce qui est émouvant c’est que j’ai pu transmettre dès le berceau à mon fils, qui a maintenant 18 ans, qui n’a pas connu Jean-Claude ni Camille Renault, cet amour profond de l’art et de la cuisine, à travers des oeuvres, des objets et surtout un art de vivre.

Et maintenant voilà que vous ressuscitez le bateau de pierre… En dépit des périodes de latence, tout reste vivant.


Cordialement,

Yvette vibert

Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés
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