Mardi, 03 Octobre, 2006
Apprenti-cuisinier
A dix sept ans, Camille est apprenti-cuisinier au Marguery, au 34-36 boulevard Bonne Nouvelle , tout près du théâtre du Gymnase.
Ce restaurant fondé ver 1860 par Jean-Nicolas Marguery fit sa renommé grâce à la sole Marguery nappée d’une sauce Marguery.
C’était le rendez-vous des hommes politiques et des futurs députés. Le Marguery était réputé pour ses nombreux banquets des anciens des grandes écoles et des sociétés savantes.
Il y avait des salles originales comme les salles hindoues, égyptiennes , maures, flamandes ou gothiques, mais ausi françaises.
C’était un endroit joyeux fait de chansons de toasts et de discours…
Quand Jean Nicolas Marguery décède en 1910, le restaurant prend une autre direction après la guerre de 1914/1918 et perd sa tradition de restaurant politique
Pendant son temps de repos, Camille en profite pour s’adonner à sa passion de la peinture pour visiter les nombreuses galeries de peintures. Il a déjà une prédilection pour la peinture “franche, brutale, sans concessions ni artifice, tout d’une pièce, comme lui”
“ Chez Marguery, Van Gogh trottait dans ma tête. Pour moi c’était des virgules de peintures, unpeintre qui virgulait !
J’allais voir ses toiles dans ce qui était alors le quartier des tableaux, rue Le Pelletier, rue Laffitte, j’entrais chez Vollard, chez Sagot, chez Berthe Weil qui était une femme extraordinaire, un peu comme moi, plutôt mécène que marchand de peinture…
Gauguin m’avait beaucoup impressionné quand j’avais découvert aux devantures des marchands, la simplification, l’unité de ses toiles.
Matisse , aussi qui supprimait les yeux, la bouche dans un visage. Je ne l’ai vu qu’une fois chez Villon, il fallait lui dire “Maître” !
Van Gogh en 1915/16, m’a fait connaître les fauves qui m’ont beaucoup inspiré quand j’ai commencé à décorer les plats des clients…“
Après le Marguery, il est aux fourneaux du restaurant Le Cabaret sur les Champs Elysées.
Camille a maintenant 20 ans et il pèse 120 kilos quand il quitte ses fourneaux pour le service militaire qu’il accomplit au Maroc comme cuisinier de la Résidence Générale à Rabat pour le maréchal Lyautey.

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Restaurant Marguery •
Son oncle
Camille va trouver dans la famille de son oncle, le réconfort et la tendresse. Monsieur Ledoigt polytechnicien est Secrétaire Général de la Cie de l’ EST.
C’est son oncle qui va lui faire découvrir le Salon des Artistes Français. Mais Camille aime déjà les couleurs vives et comprend tout à fait la recherche des déformations pour un art plus vivant.
Après la curiosité, c’est” l’intérêt de l’art de peintre” qui va le saisir et le passionner.
Une passion qui sera son guide toute sa vie.
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La famille de Camille Renault •
apprenti-pâtissier
Dès l’âge de 14 ans, Camille Renault entre chez Bourbonneux près de la gare saint Lazare comme apprenti-patissier.
écoutons le :
“Chez Bourbonneux, vous savez, un cuisinier c’est libre de 2 à 5, alors ça joue aux cartes ou ça va aux courses. Moi, je n’aimais ni la belote ni les petits chevaux. Alors lorsque je suis monté à Paris, après l’autre guerre, je ne savais que faire. Puis un jour que je me promenais faubourg saint Honoré, j’ai découvert une galerie d’art et tout est parti de là…
Bien sûr, au début je n’y connaisais rien. J’aimais les médaillés des Salons officiels. J’avais un faible pour Lucien Simon. J’ai vite compris que la peinture qui m’avait d’abord intéressé n’aboutirait pas, seulement au début, on est toujours victime du support photographique dont il faut se défaire… c’est venu lentement…“
Cette prestigieuse patisserie de luxe est citée dans le roman de Marcel Proust : à l’ombre des jeunes filles en fleurs - volume 2
P r e m i è r e p a r t i e
A u t o u r d e M m e S w a n n
“Pour les petits fours, pour toutes les friandises, je m’adresse souvent à Bourbonneux. Mais je reconnais qu’ils ne savent pas ce que c’est qu’une glace”.
Bourbonneux était fréquenté par Debussy enfant qui aimait cette boutique de luxe pour s’acheter des bonbons ou une délicieuse patisserie.
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Pâtisserie Bourbonneux •
Trie Château
Camille Louis Renault est né le 2 mai 1904 au coeur du Vexin normand, à Trie-Château à un kilomètre de Gisors.
Ses parents tiennent une boulangerie dans ce village, jusqu’au début de la guerre de 1914 puis divorcent.

Trie Château
A un moment de sa croissance, Camille , se casse les deux jambes. Cette longue période d’immobilité va provoquer une augmentation anormale de son poids, qui lui restera toute sa vie.
Après la séparation de ses parents, Camille quitte Trie pour aller vivre chez son oncle (le frère de sa mère) Monsieur Ledoigt rue Clauzel à Paris 9ème.
La comédienne Simone, recevait beaucoup. Parmi les habitués quand Camille venait au château , nous trouvons Jean Cocteau et Charles Péguy.
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Trie-Château •
Sa mère
Camille Renault ne dit pas le prénom de sa mère mais il en parle à demi-mot, par petite touche ...
“Ma mère était rouennaise, mais elle a été élevée à Pont de l’Arche, et dans cette région de Basse-Seine, à cette époque, il y avait beaucoup de peintres surtout des impressionnistes qui travaillaient sur le motif. Elle a grandi dans ce climat avant de se marier et de devenir boulangère à Trie-Château…“
“Chez nous, à Pont de l’Arche vers 1890, ma mère âgée de 15 ou 16 ans, était employée dans une boucherie. Elle allait livrer chez Orctave Mirbeau où il y avait de nombreux tableaux et des peintres comme Monet ou Raffaelli… Chez nous il y a toujours eu de la peinture plus ou moins bonne, sur les murs. J’ai passé mon enfance à Trie Château dont la châtelaine était la comédienne Simone, alors mariée au fils Casimir Perier qui avait pour secretaire Alain Fournier…“
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Pont de L'arche •