Vendredi, 20 Octobre, 2006
Le restaurant Le Marguery en 1890

(document - Bernard Vassor -)

(document - Bernard Vassor -)
(document Bernard Vassor)
Gustave Toudouze est né en 1847, décédé en 1904, écrivain français.
Il est le fils aîné de l’architecte et graveur Gabriel Toudouze qui a laissé de belles eaux fortes, répertoriées à la Bibliothèque Nationale.
Sa mère Anaïs Colin est une artiste peintre, fille de Alexandre Colin qui a été l’élève de Girodet-Trioson
Gustave Toudouze fait de brillantes études au Collège Sainte Barbe de 1855 à 1899. Par la suite il devient familier des dimanches de Gustave Flaubert qui l’encouragea vivement vers l’écriture, puis c’est le “grenier” d’Edmond de Goncourt. Ses amis seront Emile Zola, Daudet, Dumas fils et surtout Guy de Maupassant.
Le premier Salon d’Automne fut créé le 31 octobre 1903 au Petit Palais grâce à Franz Jourdain, (1847-1935), de nationalité Belge, architecte, homme de lettres et grand amateur d’art, président du syndicat de la critique d’art. Des amis vont venir l’aider comme les architectes Georges Desvallières et Hector Guimard, les peintres Eugène Carrière, Félix Vallotton, Edouard Vuillard, Adrien Schulz, ou le décorateur Jansen.
Le but de ce salon est d’offir aux artistes peintres des débouchés mais aussi e faire découvrir au public l’impressionnisme. Le choix de l’automne s’inscrit dans le choix de cette saison, car l’époque est bien choisie pour la rentrée artistique et aussi pour se démarquer des deux autres salons qui se situent à l’époque du printemps, la Nationale et les Artistes Français.
Le salon d’automne offre plusieurs disciplines qui va de la peinture à la sculpture mais aussi à partir de 1904, de la photographie, dessins, arts appliqués, gravures etc. Les artistes étrangers sont particulièrement bien représentés ici.
A partir de 1904, le salon quitte ses caves, pour s’installer au Grand Palais, preuve de son succès. Trente-trois tableaux de Paul Cézanne, soixante-deux d’Odilon Redon et trente-cinq d’Auguste Renoir vont former un ensemble homogène. Matisse, Manguin, Marquet et Carmoin font déjà partis de la salle XVII dont on se souviendra par l’énorme scandale que cela va soulever en 1905.
Nous y arrivons justement à cette fameuse année 1905… Le Salon s’oriente vers le modernisme. Les Sociétaires de 1904 plus ou moins conservateurs sont éliminés. Gustave Moreau jouit d’une grande considération. Ses élèves sont prioritaires. Le comité du Salon élu pour deux ans se compose de Matisse, Desvallières, Rouault, René Piot, tous anciens élèves de Gustave Moreau. Et ajoutons à cette liste, Louis Vauxcelles et Roger Marx.
Le jury du Salon d’Automne décide cette année, de favoriser l’originalité et accepte des oeuvres dites “expérimentales”. Le classement des oeuvres revient à la charge de Charles Plumet, architecte, qui sans état-d’âme, fait la même organisation que l’année précédente.
Il ya dix-huit salles récentes, 1625 numéros; dans le vestibule, des sculptures de Rodin. Dans la grande salle d’apparat, des noms prestigieux: Cézanne, Renoir, Armand Guillaumin, Raffaelli et Redon. dans la salle III, des noms sans surprises : Carrière, Desvallières, les Nabis, Vuillard, Bonnard, Vallotton et Roussel. Les deux salles suivantes sont réservées à deux rétrospectives pour Ingres et Manet. Les salles pour les étrangers sont importantes aussi : Jawlensky, Kandinsky et Czobel.
C’est la salle VII placée par Plumet qui va attirer tous les regards…
A côté de cette salle, il y a les oeuvres du douanier Rousseau et notamment un tableau “Le lion ayant faim”. Les oeuvres se justaposent avec Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck, Marquet et Carmoin.
“Un pot de peinture jeté à la face du public” s’écrira Camille Mauclair en voyant ces couleurs violentes. Au milieu de la pièce, deux bustes de Marquet, pourtant très traditionnels. Le mouvement fauve venait de naître…

Matisse - 1905
Journal Satirique et Libertaire - 1901-1914
Cet hebdomadaire de 16 pages, tiré en couleur, s’est spécialisé dans la caricature sociale et les moeurs de l’époque. Les créateurs sont des anarchistes et le graphisme du journal soutien un ton très virulent. Chaque numéro consacre un sujet bien précis, confié à un artiste particulier ou alors c’est un groupe de collaborateurs qui s’en charge.
Des dessinateurs vont pour la première fois être sollicités soit individuellement ou en groupe à exprimer par de petites fresques, des tableaux à caractère social ou politique. Il doit y avoir acte d’acusation sur un sujet particulier. L’ensemble de la collection de l’Assiette au Beure donne une vision cruelle et désespérée de la société de l’époque mais qui constitue un ensemble exceptionnel dans l’art de la caricature.
Des artistes étrangers vont collaborer au journal qui viennent souvent de l’Europe Centrale . On peut dire que la France a lancé l’esprit expressionniste avec l’Assiete au Beurre. Notons la participation de Van Dongen, qui appartient à la fois au mouvement fauve et au groupe expresionniste allemand Die Brücke.Quatre grands de la caricatures vont peu participer cependant : Steinlen, quelques numéros au début, Villette, qui va dénoncer le colonialisme, par contre Forain, ne trouvera pas sa place dans ce mouvement de révoltés. Qaund l’affaire Dreyfus éclate, on y fait à peine allusion mais certains dessinateurs ne se priveront pas comme Max Radiguet ou KupKa pour lancer des pointes contre les juifs.
De nombreux artistes peintres connus dans l’histoire de la peinture moderne vont collaborer avec un certain enchantement au journal comme Jacques Villon , Kupka, Vallotton, Juan Gris, le Grec Galanis et Van Dongen.
La liste des collaborateurs participant au journal est extraordinaire et impressionnante : Jossot, Grandjouan, D’Ostoya, Leal de Camara, Max Radiguet, Delannoy, Roubille, Ricardo Florès… Des ecrivains connus : Anatole France , Leon Bloy , Laurent Tailhade, Octave Mirbeau , J Rictus etc ...
Ce journal a apporté à la fois de la hardiesse dans le domaine de la caricature mais aussi de véritables chefs-d’oeuvre graphiques. Il en sortira 593 numéros avec un texte accompagnant chaque dessin.
Le createur de la revue fut Mr Schwartz qui fit faillite en 1904.
L’affaire fut reprise par Mr A de Joncières jusqu’ en 1912 qui consacra une partie de sa fortune à soutenir la revue et qui fit
faillite à son tour.

dessin de Steinlen

texte manuscrit de Villette