Mardi, 21 Novembre, 2006
La naissance du bateau de pierre
souvenirs de Philippe Courtois
Président de la section Artistique de Puteaux
Pour faire un atelier bien éclairé et que les peintres en visite puissent travailler à l’aise, Camille créa au milieu de son jardin une grande pièce vitrée bien évidemment il n’eut jamais recours à un architecte.
Cette verrière qui avait été construite par de très gentil ouvriers du village voisin, n’était pas d’une étanchéité parfaite. pour régler ce problème, l’hiver qui suivit, le Roi Renault fit refaire une autre verrière qui était superposée. autre grande salle vitrée qui prit l’eau tout autant que la première. Qu’à cela ne tienne, pour préserver de la pluie les deux premiers étages, il suffisait de mettre un étage de plus.
Hélène Parmelin visitant ses ateliers superposés, trouva avec beaucoup de justesse que cela pouvait évoquer les ponts successifs d’un paquebot. Le lundi matin Camille fit appel au maçon du coin pour lui faire faire en béton la proue d’un navire. Le dernier étage fut très vite transformé en capitainerie par la découverte chez les antiquaires d’une roue de navire de sextant, de bousssoles, de lampes de marine, ainsi était né le bateau de pierre. Hélàs la construction en béton qui représentait la proue de ce bateau de rêve avait été faite sur le champ de blé du voisin !

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Dimanche, 19 Novembre, 2006
La chapelle à Broué
Souvenirs de Philippe Courtois
Président de la section Artistique de Puteaux
Pour que les amis peintres puissent se rendre plus facilement d’une chambre à l’autre, Camille fit construire une grande galerie vitrée qui pouvait le cas échéant leur permettre d’exposer leur création.
L’un des peintres avait amené un week-end ou deux, son frère abbé. Comment Camille pouvait endurer que ce pauvre père abbé soit condamné le samedi soir à demander qui dans le groupe d’amis viendrait le dimanche matin de bonne heure entendre la messe dans la salle à manger. La décision ne se fit pas attendre, pour terminer la grande galerie, il fit construire une chapelle.
Voici le plafond décoré de la chapelle





le choeur de la chapelle
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BROUE
Souvenirs de Philippe Courtois
Président de la section Artistique de Puteaux
A tous les peintres qu’il rencontrait, Camille leur passait commande d’une toile de chevaux de 40 cm sur 1m60. si les chevaux lui avait plu, la deuxième toile commandée était une femme à la fenêtre.
Rencontrant beaucoup de peintres, très vite se posa le problème du rangement.
Là commence l’époque de Broué, où il acquiert une maisonnette à laquelle il adjoint immédiatement une immense grange pour abriter les peintures de chevaux. Ce fut la grange aux chevaux. La grange aux femmes a suivi immédiatement. Puis d’autres pièces où il fallait bien ranger peintures et souvenirs.
La mémoire de Camille était immense car lui seul dans cette immense caverne d’ali Baba savait que sous le troisième carton bleu du deuxième canapé qui était au grenier, qu’il allait pouvoir faire admirer un dessin qui lui tenait à coeur.
Mais Broué, c’était la campagne et les peintres parisiens l’âme bucolique venaient dans ce coin d’Eure et Loir pour entendre les petits oiseaux et ils travaillaient.
Il fallut donc agrandir année par année.
Camille faisait agrandir des bâtiments pour y mettre des chambres qui toutes ont gardé le nom de leurs occupants. La chambre Villon, la chambre Picason demeurent…
Pour que les amis peintres puissent se rendre plus facilement d’une chambre à l’autre, Camille fit construire une grande galerie vitrée qui pouvait, le cas échéant leur permettre d’exposer leur création. (à suivre)

Camille, ses amis et Gilette
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Vendredi, 17 Novembre, 2006
Le Roi Renault (suite)
Souvenirs de Philippe Courtois
Président de la section Artistique
Le bistrot de Camille
Au dessus de chez lui s’était installé, là ausi par hasard, le peintre Jacque Villon, normand comme Camille et le peintre tchèque Franck Kupka. Les amis de ces peintres étaient Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin, Alicee Alika, l’épouse du peintre Marcoucis. Toute cette joyeuse équipe passait ses week(end à Puteaux. Il n’y a pas très longtemps Alice Alika avait demandé de la conduire revoir les champs de roses, où elle allait faire des possonneries autour de la Défense. Elle n’a rien retrouvé !
Les êtres exceptionnels sont condamnés à se rencontrer.
Aussi toute cette équipée d’artistes Montmartrois qui venaient prendre le bon air à Puteaux, devinrent très vite des amis de Camille.
Ses amis peintres de la rue Lemaître, Villon, Kupka, Marcel Duchamp, le poète écrivain Jacques Bon, le peintre philippin Vitalis ont formé naturellement le noyau de ce que l’on a appelé l’école de Puteaux. Francis Picabia y est venu.
Et voilà Camille Renault devenu mécène. Autour de ces célébrités sont venues se greffer des équipes de peintres plus jeunes et moins célèbres qui pour beaucoup doivent leur carrière à Camille qui les a aidés, défendus, présentés. Et voici le bistrot devenu lieu de la peinture, au début parisien mais qui n’a pas tardé à s’internationaliser.
Cette époque brillante fourmille d’anecdotes : André Malraux ne déjeunait qu’avec du champagne rouge naturel. Les Américains de passage réservaient très longtemps à l’avance la table sur laquelle était fixée une plaque indiquant la place de Curnonsky, le prince des gastronomes.
C’est à cette époque, que Hélène Parmelin, critique d’art et épouse du peintre Pignon l’a surnommé le Roi Renault
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Jacques Villon dans son atelier à Puteaux
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Jeudi, 16 Novembre, 2006
Le Roi Renault
Souvenir de Philippe Courtois
Président de la section Artistique de Puteaux
Camille s’est installé à Puteaux en quittant le service du Maréchal Lyautey, auprès de qui, il avait été cuisinier Ses talents de toque blanche pouvait le conduire à tous les rêves, mais le maigre pécule qu’il avait en poche à la fin de son service militaire restraignait très fortement les prétentions quant aux choix des locaux. Après avoir visité différents établissements dans Paris et dans les banlieues plus huppées, il finit par installer un bandeau “Camille Renault” sur un petit bistrot de Puteaux.
Le bistrot de Camille, c’était déjà un accueil théâtral. “Mémère”, la belle-mère de Camille trônait derrière le bar. Lorsque Camille voulait la plaisanter, il l’accusait d’attirer dans ce petit bar couvert de boiseries tous les poivrots du quartier.
Les salles du restaurant proprement dites avaient une tenue différente car il avait conservé l’amitié du maréchal qui était ce que l’on appelle de nos jours une locomotive parisienne et amenait chez Camille le Tout Paris déguster les poissons, le sommet de sa cuisine et tous gardent encore le souvenir émus de ses millefeuilles. Ca c’était de la restauration.




(documents C.Bugey)
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