Samedi, 02 Décembre, 2006
Souvenirs de Camille
Par Robert Larroque
J’ai connu cet homme au début des années 60 alors qu’il était en pleine santé. Il en imposait certes par sa corpulence hors du commun mais étant prévenu, je ne m’y attardai pas. C’est surtout son visage qui retint mon attention. Une carnation poupine, une bouche gourmande, un front large sans ride dominé par une chevelure indomptée et argentée à la Beethoven et un regard bleu vif, pénétant, incisif, composaient une figure harmonieuse bien charpentée avec un je ne sais quoi de Viking. Qu’un sourire passât sur ses lèvres et tout ce visage semblait rayonner comme celui d’un enfant ; il l’auréolait de sympathie et d’aménité.
Quand accompagnant Pierre Gaudin, je le vis pour la première fois, son regard glissa sur moi avec une aimale indifférence.
Un temps mort, quelques banalités, et il me vrilla avec une acuité interrogative : c’était sa minute d’observation. le fait que j’étais peintre sembla lui plaire, et enfin, le fameux sourire arriva.
J’étais soulagé.

(document C. Bugey)
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