Camille Renault

Samedi, 02 Décembre, 2006

Souvenirs de Camille

Par Robert Larroque


J’ai connu cet homme au début des années 60 alors qu’il était en pleine santé. Il en imposait certes par sa corpulence hors du commun mais étant prévenu, je ne m’y attardai pas. C’est surtout son visage qui retint mon attention. Une carnation poupine, une bouche gourmande, un front large sans ride dominé par une chevelure indomptée et argentée à la Beethoven et un regard bleu vif, pénétant, incisif, composaient une figure harmonieuse bien charpentée avec un je ne sais quoi de Viking. Qu’un sourire passât sur ses lèvres et tout ce visage semblait rayonner comme celui d’un enfant ; il l’auréolait de sympathie et d’aménité.
Quand accompagnant Pierre Gaudin, je le vis pour la première fois, son regard glissa sur moi avec une aimale indifférence.
Un temps mort, quelques banalités, et il me vrilla avec une acuité interrogative : c’était sa minute d’observation. le fait que j’étais peintre sembla lui plaire, et enfin, le fameux sourire arriva.
J’étais soulagé. 

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(document C. Bugey)

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Mardi, 07 Novembre, 2006

Camille Renault

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Jacques Villon, je l’ai connu d’une drôle de façon.
D’abord, il venait avec des femmes qu’il ne pouvait pas recevoir chez lui.
Après je suis allé chez lui et puis, s’est établi entre nous une sorte de communication.
Il savait que chez moi, avec une gravure et un dessin il pouvait venir faire deux ou quatre couverts.
On avait une espèce de code de non-agression… Tous les cent couverts il me donnait une toile.
Quelques fois il me disait, “où en est-on de nos comptes, Monsieur Renault”?
C’était l’homme le plus charmant de la terre.
A soixante couverts j’aurais pu dire : il y en a cent et, si à cent-dix, je lui avais dit, il y en a 60 ç‘aurait été la même chose, il disait toujours oui !

Jacques Villon était très beau. Il avait alors un peu plus de la soixantaine - et il avait beaucoup de douceur.
Comme fils de notaire il avait fait ses humanités et son droit.
Ce n’était pas un peintre vulgaire ; je l’aimais beaucoup.

Il me dominait de toute sa grandeur, mais il était resté “foncièrement normand” comme disait ma belle-mère.
Elle était en admiration quand elle voyait Villon que l’on portait aux nues, chanter “la vaque à Durand” en patois normand.

Au début quand il venait chez moi, il n’était pas connu, pour vivre il gravait les tableaux des autres.
Il aimait s’entourer, il emmenait des artistes ou bien, il venait avec LHOTE…


LA MORT DE VILLON, le 8 juin 1963

Je ne vivais que pour lui. Quand il venait, c’était comme s’il m’appartenait.
Puteaux sans lui, ça n’avait plus d’attrait, ça ne m’intéressait plus.

J’ai abandonné.

CAMILLE RENAULT

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Dimanche, 24 Septembre, 2006

Portrait de Camille Renault

Camille Renault en noir

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René PRADEZ - Peinture à l’huile sur toile - 197 ? - 114 x 146 cm

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